Défendons les entrepreneurs et les commerçants Monégasques au service de tous les consommateurs et de la prospérité du Pays (Pep Économie & Commerce)

Affluence d’adhérents le 13 novembre dernier pour le « PEP Économie & Commerce », afin de débattre d’un sujet qui concerne tous les Monégasques. Le débat d’écoute et de proposition était animé, autour de Stéphane VALERI, par Laurence AUBERT, Pierre BARDY, Corinne BERTANI, Balthazar SEYDOUX de CLAUSONNE et Philippe CLERISSI. Extraits. 

Les référents du PEP ont rappelé en préambule que leurs réflexions avait été alimentées par les actes du Think Tank « Monaco 2029 », initié en 2009 par Stéphane VALERI qui traçait les perspectives d’évolution à vingt ans de la Principauté. Quel rôle peut jouer le Conseil national pour que la prospérité soit partagée par tous, et tout d’abord par les Monégasques eux-mêmes, qu’ils soient simples consommateurs, entrepreneurs ou commerçants?

Dans toutes les propositions du PEP, la place du Gouvernement est désignée comme cruciale, là où de nombreux adhérents présents ont regretté qu’il semble souvent faire obstacle à un développement des entreprises et commerces de la Principauté. « Priorité Monaco, a rappelé Stéphane VALERI, ce n’est pas, comme pour le Gouvernement: Priorité aux excédents, ou priorité aux hausses de loyers domaniaux ou priorité aux profits sur le dos des entrepreneurs et ces commerçants ». Primo! propose un plan de développement pour l’économie et le commerce.

Permettons aux entrepreneurs Monégasques de se développer dans des locaux « accessibles »

Le Gouvernement se comporte en propriétaire « privé » dans la gestion des locaux domaniaux destinés aux entreprises, au détriment des Monégasques qui veulent s’installer dans leur Pays. Entre les hausses répétées et la pénurie de locaux, c’est le démarrage et la survie des entreprises qui est menacée. Le secteur domanial a été créé pour proposer aux Monégasques des locaux avec des loyers raisonnables et baux sécurisés. L’esprit de ce dispositif est de permettre aux Monégasques de s’installer et de se développer professionnellement dans leur Pays. Il faut préserver cet objectif.

Primo propose :

  • La mise en place d’un barème réaliste des loyers commerciaux, sécurisés dans le temps, qui tiendra compte de la localisation. Les locaux les moins bien situés doivent être loués à des tarifs inférieurs.
  • la suspension des brutales augmentations de loyers pour les commerces et les bureaux, afin de maintenir des locaux à prix abordables, en particulier pour les jeunes entrepreneurs.
  • La possibilité de revoir à la baisse (et non plus systématiquement à la hausse) les loyers en fonction de la situation réelle du marché et de la localisation.
  • la suppression de la limitation à deux ans de la domiciliation d’activités professionnelles dans les appartements domaniaux.
    =>  NB : Depuis l’annonce de cette proposition lors du PEP, signalons que le Gouvernement a annoncé son adoption le 12 décembre, preuve de sa justesse.

 

  • La limitation de l’augmentation de loyer dans les domaines exigée pour la domiciliation des  activités en nom personnel, et la possibilité de l’étendre sans limite dans le temps.
  • La création d’une équipe de gestion, dédiée à l’administration des locaux commerciaux, qui pourra être rattachée à l’Expansion Économique, en lien avec les acteurs du monde de l’entreprise à Monaco.
  • L’arrêt du principe de reprise des locaux commerciaux pour les candidats faisant l’offre la plus élevée, qui favorise les riches repreneurs étrangers au détriment des Monégasques à qui on doit, au contraire, réserver les locaux. Les riches investisseurs sont les bienvenus et disposent pour ce qui les concerne du secteur libre. Sous conditions,cette règle pourra faire l’objet d’un examen dérogatoire pour l’implantation d’enseignes internationales dont la Principauté a besoin pour accroitre son attractivité.

MC BOOST : Soutenons LES PORTEURS DE PROJETS

Le projet « MC BOOST » est une mesure phare destinée à soutenir tous les entrepreneurs et porteurs de projet. Étudié par le PEP Jeunesse il s’étend à tous les entrepreneurs de Monaco .

MC BOOST, c’est, entre autres :

  • un guichet unique chargé de faciliter dans tous les domaines (locaux, centralisation de mesures existantes disparates, formalités, accompagnement, partage d’expérience avec d’autres porteurs de projets…) l’épanouissement des projets des initiateurs en cours d’installation.
  • la mise en place d’un Business Center Domanial réservé aux Nationaux.

Repensons les critères entourant les marchés publics pour ne plus défavoriser les entreprises Monégasques

Pour des motifs divers, parfois obscurs (snobisme au profit d’acteurs internationaux malgré leur méconnaissance de la Principauté), parfois de courte vue (choix uniquement basés sur le prix), les entreprises Monégasques sont trop souvent éliminées des appels d’offres. Cette situation est vécue avec un sentiment d’injustice, en particulier lorsqu’il s’agit de donneurs d’ordre publics, ou d’entreprises dont l’État est un actionnaire de poids. Dans les faits, outre les recettes fiscales qui échappent au pays et l’impact social du manque à gagner localement, les services délivrés par les entreprises étrangères (parfois lointaines) ne correspondent souvent ni aux besoins initiaux, ni aux besoins spécifiques en Principauté, avec le manque de souplesse supplémentaire de l’éloignement, et le coût induit qui peut finir par dépasser la réponse d’une entreprise monégasque.

  • Primo! demande une refonte profonde des critères d’adjudications des marchés publics. La notion de réponse « mieux-disante » et « responsable » (aspects économiques, sociaux, environnementaux…) doit être intégrée dans la liste des nouveaux critères.

Rendons le commerce monégasque plus attractif pour les consommateurs et plus compétitif pour les commerçants Monégasques

Le commerce a connu des bouleversements dans tous les centres urbains… mais pas à Monaco.  La clientèle préfère trop souvent faire son shopping ailleurs, en dehors de secteurs très spécifiques (restauration, luxe…). Cette situation se double d’une disparition de pans entiers du commerce de proximité, au détriment de la vie quotidienne des familles et de la vie sociale des quartiers.

Dans le même temps, les commerçants Monégasques éprouvent de grande difficulté à s’installer (au profit des plus offrants, souvent étrangers) à se développer, compte tenu du niveau des loyers (privés mais également domaniaux), et souffrent de certaines lourdeurs administratives, d’un manque de souplesse dans le droit du travail…

Primo! propose un Plan de revitalisation du commerce monégasque

  • Cartographie, par quartier, des besoins spécifiques, qu’il s’agisse de commerces de proximité pour répondre aux besoins de la population, ou de zones spécifiques dédiées à des types d’activités en fonctions de la culture du quartier, des clientèles résidentes ou de passage.
  • Lancement d’une politique d’installation commerciale volontariste pour répondre à ces besoins, par le rachat des boutiques disponibles afin de les mettre en location sur des activités utiles et attendues pour répondre aux besoins et revitaliser l’animation des quartiers.
  • Modulation des loyers en fonction du type de commerce, pour permettre l’installation d’activités de proximité, pour les surfaces commerciales domaniales. L’État doit être un facilitateur et non se comporter en gestionnaire privé à la recherche prioritaire du profit, au dépends de l’intérêt général. En clair, les loyers demandés pour une épicerie de quartier dont les habitants ont besoin ne peuvent pas être identiques à ceux pratiqués pour une boutique de luxe.
  • En dehors de l’animation par quartiers, c’est toute « l’expérience commerciale Monaco » qui doit être revitalisée en attirant des enseignes « locomotives » de manière coordonnée.
  • La restructuration de la zone commerciale de Fontvieille doit se faire en répondant aux besoins de la population tout en privilégiant les commerçants Monégasques, en particulier ceux qui animent déjà le quartier depuis des années.

Adaptons le droit aux réalités et aux besoins

  • L’ouverture des commerces le dimanche doit être généralisée intelligemment pour répondre aux attentes des consommateurs et des commerçants qui le souhaitent, sur la base du volontariat pour les salariés, avec, pour eux, des contreparties justes.
  • Le droit du travail doit continuer d’évoluer, dans un esprit de dialogue, pour s’adapter aux nouvelles réalités de l’économie, aux besoins des entreprises et aux attentes des salariés. Le principe de la « rupture conventionnelle » du contrat de travail telle qu’elle est de plus en plus  pratiquée en France, est une piste qui illustre cette nécessaire évolution du droit au profit de tous.

 

On se dit tout